Performances d’un incarcéré
  • Association Rouaa pour la culture et les arts
  • Centre des arts dramatiques-Sfax, Société de production- théâtre crépuscule
  • Fonds d’engagement culturel local 2019
  • Jendouba, Kairouan, Mahdia, La Manouba, Monastir, Sfax, Zaghouan
  • Théâtre
  • 13 mois
  • 161,799.75 dt
  • dusktheater1@gmail.com
Descriptif

Le projet « Performances d’un incarcéré » vise à soutenir la réinsertion et la réhabilitation de détenus et jeunes délinquants via le théâtre et la professionnalisation des plus talentueux. Il sera mis en place dans 20 prisons et centres de détention pour mineurs dans toute la Tunisie. Les activités principales consistent en des formations théâtrales professionnalisantes et la production de 21 pièces de théâtre.

Story du projet : Impact et réalisations

Créer des espaces de création théâtrale dans les établissements pénitentiaires, c’est établir un nouveau regard à ceux qui sont privés de liberté pour se retrouver, s’accepter, s’émouvoir et se réconcilier avec la société.

“Performances d’un incarcéré” est un projet d’animation d’ateliers de théâtre pour les détenus dans les établissements pénitentiaires. Il est       piloté par l’Association Rouaa pour la culture et les arts. Grâce à cette initiative, 57 hommes, 27 femmes et 34 mineurs de 21 établissements pénitentiaires ont été formés aux techniques de l’art dramatique, pour pouvoir évoluer sur scène et présenter des pièces de théâtres inédites.

Ce programme fait suite à une première initiative Les débuts d’un incarcéré. Les résultats probants de cette première expérience, au vu du personnel carcéral et des départements y afférents, ont permis une large adhésion pour que la création théâtrale fasse partie des activités artistiques dans les centres de détentions.

Les directeurs artistiques choisis pour le projet avaient  un défi, métamorphoser des détenus en comédiens. La plupart des candidats n’ont jamais assisté à une représentation théâtrale. Le challenge aussi c’était de transformer leur mal être en expression artistique.

Ces metteurs en scène se sont donné la période de 12 mois pour être au point. Pour chaque groupe, 16 sessions de formation ont été suffisantes pour préparer une œuvre théâtrale.

Les ateliers se composent de répétitions pour mettre en place la fiction et aussi de séances pour réapprendre à vivre ensemble et créer un groupe uni. Les désarrois des détenus viennent s’estomper au fur et à mesure de l’avancement du projet artistique. Une motivation qui grâce à cette aventure artistique les a invités à la créativité et même à l’innovation dans le domaine du théâtre. Ces néophytes explorent des dimensions nouvelles, du quatrième art.

Leur  défi était exponentiel, ils ont réussi à surmonter, en premier lieu, les obstacles émotionnels, puis le trac de leur premier passage sur scène. Une leçon d’empathie, pour eux-mêmes qui en étaient probablement dépourvus. Ils ont pu également interagir avec une assistance composée de leurs proches. Moment rare et chargé d’émotion pour les deux parties.

Par ailleurs, le personnel pénitentiaire en vient à constater que “Performances d’un incarcéré “ a permis à ceux qui ont participé aux ateliers d’accepter leur détention avec sérénité.

Conséquence, d’autres centres pénitentiaires séduits par le concept, se sont lancés dans la création théâtrale au profit de leur détenus. Tous les travaux ont été présentés lors du premier festival en Tunisie du théâtre des détenus le “Festival de l’espoir”, qui a eu lieu du 22 au 24 mars à Sfax et du 25 au 28 mars à Tunis. Un événement organisé en partenariat entre la Direction du Comité Général des Prisons et de la Rééducation et le ministère des Affaires Culturelles.

A l’affiche, 29 pièces dont 19 produites dans le cadre du projet “Performances d’un incarcéré”.  Tous en lice pour un trophée celui de la reconnaissance. Avec un palmarès des plus serrés, le Jury n’a pas tari d’éloge pour l’excellent niveau des détenus-comédiens, qui ont montré une aisance et une tenue de scène digne des plus grands interprètes. Les détenus inventent de nouvelles expressions , ils modifient les paramètres, transgressent les règles et fusionnent les espaces, spectateurs et comédiens sont pris dans le même jeu.  Une scénographie imposée par une vie ébranlée par de multiples chocs. L’art est cette planche de salut, pour ceux qui vont à la dérive.

L’ensemble des comédiens ont eu droit à des diplômes, une reconnaissance qui les réhabilitent aux yeux de leur familles qui assistent enfin fières de voir leurs enfants honorés.  La pièce “Kharif” du centre de Borj Amri a obtenu le Prix de la meilleure pièce et celui du meilleur comédien.

Ces productions ouvrent des perspectives pour renforcer l’accès à l’art et particulièrement le théâtre à ce monde clos.  Zied Ghenania, chef du projet, espère que les détenus-comédiens puissent avoir droit à des cartes professionnelles et se produire sur les scènes nationales et internationales. Il nourrit également le souhait de voir ce projet se dupliquer dans le monde arabe.

Témoignages

« Pourquoi n’avais-je pas découvert le théâtre avant mon emprisonnement, mon destin en serait tout autre. », Détenu bénéficiaire du projet

« Nous espérons que les établissements pénitentiaires deviennent principalement des établissements où l’on se prépare à une nouvelle vie, à travers le théâtre.», Zied Ghenania, Porteur du projet

Télécharger la story du projet