Les débuts d’un incarcéré
  • Association théâtre D’ambition alchbika
  • Centres des Arts Dramatiques et Scéniques à Kairouan, Sfax et Zaghouan, Centre de rééducation des mineurs à Sidi El Heni, Prisons des hommes à Sawef et El Houareb, Prison des femmes à Sfax
  • Fonds d’engagement culturel local 2017
  • Kairouan, Sfax, Sousse, Zaghouan
  • Théâtre
  • 6 mois
  • 90,000.000 dt
  • ziedghenania@gmail.com
Descriptif

L’objectif de ce projet est de promouvoir et d’encourager la créativité des détenus (hommes)
pour renforcer leurs connaissances dans le domaine du théâtre, à travers l’intervention dans
les prisons de Sfax et Kairouan. Les activités principales de ce projet consistent en
l’organisation d’ateliers de formation aux techniques théâtrales, cinéma, techniques du son et
la réalisation de deux pièces de théâtre ; une pour les enfants et l’autre pour les adultes. Ce
projet cible principalement des détenus intéressés par l’art ou artistes dans les prisons de
Sfax et Kairouan.

Story du projet : Impact et réalisations

L’expérience théâtrale dans le milieu carcéral mène vers un nouvel espoir et colore les murs de prison. Dans ce microcosme, une formidable opportunité s’offre aux résidents afin de voir le monde autrement. C’est l’Energie créative, une synergie du travail en groupe qui permet de libérer la voix, mais aussi libérer la voie pour un nouvel équilibre.

Les débuts d’un incarcéré” est un projet d’ateliers de théâtre destiné aux résidents des établissements pénitentiaires piloté par l’association « Théâtre d’ambition Al Chbika ». Le projet a ciblé les mineurs de Sidi El Heni (Sousse), les hommes adultes d’El Houareb (Kairouan) et de Sawaf (Zaghouan) et les femmes à Sfax. Ils sont 146 détenus, à avoir participé pendant 6 mois à ce programme comportant 3 étapes, la formation théâtrale, la production et les représentations en public.

Les trois groupes ont montré une acception et une réceptivité qui a retenu l’attention aussi bien du personnel de sécurité que de l’équipe qui assure les formations. Ainsi, voit-on que les jeunes de Sidi El Heni deviennent une sorte de communauté, et demandent même qu’on leur réserve un espace spécialement réservé pour qu’ils puissent poursuivre les répétitions même après les séances requises. Le secret, c’est ce climat de confiance qui s’est instauré pas seulement entre les formateurs et les participants mais également avec les intervenants même dans ce monde carcéral.

Zied Ghenania, chef du projet, raconte non sans émotion, que lors du démarrage de la première séance, il remarqua la tension entre les jeunes résidents, où leur lot quotidien se résumait en disputes et bagarres. Puis, au fil du temps, l’équipe de formateurs a pu constater la métamorphose des détenus. Un groupe uni qui cohabite, une communauté avec des liens tissés grâce à l’exercice théâtral.

Une évolution et une transformation de personnes qui n’ayant aucune connaissance du monde de l’art et encore moins du théâtre à un groupe d’artistes aux capacités inattendues, qui imaginent, puis écrivent une pièce de théâtre, un spectacle complet cohérent et qui raconte leurs vies. Une expérience inédite.

A Sidi El Hani, le Théâtre de Marionnettes, motive les mineurs à écrire une pièce avec des personnages qui leur ressemblent et d’élaborer eux-mêmes les dialogues.

Les fictions écrites par les adultes, évoquent leur situations, de détenus. A El Haouareb, c’est “Damous 34”, à Sawaf :“Kaffara” sélectionnée aux JTC et avec “Errih el Bara” les femmes, obtiennent le prix de la Liberté aux JTC 2019.

Les passages sur scène furent très ovationnés, effusions de joie, pleurs et applaudissements, mais, quand les rideaux baissent, que reste-t-il outre ces souvenirs, il reste des comédiens portant des idées créatrices.  C’est ce qui contribue à leur réconciliation avec le monde extérieur et à la revalorisation de leur image, un atout majeur pour leur réinsertion.

Ainsi, M. Zied Ghenania, voit un avenir à son projet, citant Tfanen Tunisie créative qui l’a soutenu pour que ce projet voit le jour, il souhaite aujourd’hui que cette aide et cet accompagnement se poursuivent pour d’autres actions de ce genre. Il nourrit aussi l’idée de création d’un Centre d’Art Dramatiques réservé aux Détenus.

Témoignages

«Grâce à cet atelier,  j’ai découvert une passion pour l’art dramatique et une  vocation d’écriture théâtrale. j’ai cru en moi pour produire mon œuvre après ma libération.Un ancien détenu

« Suite à leur production sur scène, les détenus ne se sentent plus des marginaux mais des artistes avec l’espoir d’un meilleur avenir. » Zied Ghenania, Porteur du projet

Télécharger la Tfanen Story du projet :